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23 février 2006

Aung San Suu Kyi, seule lauréate du Nobel de la Paix, privée de liberté

Aung San Suu Kyi, leader des démo­crates en Bir­manie a reçu le Prix Nobel de la Paix, en 1991. Elle est détenue depuis dix ans sous ordre de la junte mili­taire au pouvoir dans son pays.

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En juin 2005, Aung San Suu Kyi a fêté ses soixante ans alors qu’elle était tou­jours assignée à rési­dence. Tout récemment, les mili­taires lui ont signifié qu’ils pro­lon­geaient ce séjour en rési­dence sur­veillée. Elle est, à ce jour, la seule lau­réate du Prix Nobel de la Paix à être privée de liberté. Aung San Suu Kyi est docteur honoris causa de l’Université catho­lique de Louvain depuis 1998 et a été faite citoyenne d’honneur de la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve en 2005.

La Bir­manie est dirigée par une des pires dic­ta­tures du monde, accusée par l’ONU de crimes contre l’humanité pour ses vio­la­tions sys­té­ma­tiques des Droits de l’Homme et condamnée inter­na­tio­na­lement pour son refus de trans­férer le pouvoir aux repré­sen­tants légi­ti­mement élus, le parti d’Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix en 1991. Daw Aung San Suu Kyi est née le 19 juin 1945 dans la ville de Rangoon, Myanmar (ancien­nement Bir­manie). Elle est la fille du Général Aung San et de Daw Khin Syi. Son père était le diri­geant national de la Bir­manie jusqu’à son assas­sinat le 17 juillet 1947. Le décès de son père est un des fac­teurs domi­nants dans sa lutte pour la paix et l’indépendance du pays. Jusqu’à l’âge de 15 ans, Aung San Suu Kyi est éduquée à Rangoon. Sa mère ayant été nommée ambas­sa­drice de Bir­manie en Inde et au Népal, elle l’accompagne à Delhi où elle étudia les sciences poli­tiques à l’Université.

De 1964 à 1967, elle continue son éducation au St. Hugh’s College et à l’Université d’Oxford dont devient bache­lière en économie, poli­tique et phi­lo­sophie. Durant les années sui­vantes, elle tra­vaille à l’étranger, notamment aux Nations unies à New York. Mariée en 1972, à un Anglais, boursier tibétain, le Dr. Michael Aris, Aung San Suu Kyi donna nais­sance en 1973 à Londres à son premier enfant, Alexander, et en 1977 à Oxford, à son deuxième enfant, Kim.

En 1988, Aung San Suu Kyi retourna vivre en Bir­manie. C’est ainsi, qu’en été de cette année, des mil­liers de Birmans découvrent véri­ta­blement Aung San Suu Kyi, revenue depuis peu d’Angleterre. Cette femme aux allures aris­to­cra­tiques pro­nonce des mots justes et durs pour condamner la dic­tature mili­taire qui fait alors face au plus large mou­vement de contes­tation depuis son arrivée au pouvoir en 1962. Les pre­mières appa­ri­tions publiques d’Aung San Suu Kyi per­mettent le retour de l’espoir dans un pays fermé sur lui-​​même et qui va bientôt passer d’une dic­tature à une autre, au prix d’une répression san­glante. Le parti fondé par Aung San Suu Kyi, la Ligue Nationale pour la Démo­cratie (LND), est influencé par la phi­lo­sophie et les idées de Gandhi et de Martin Luther King.

En 1990, le régime mili­taire refuse de recon­naître le résultat des seules élec­tions libres qui aient eu lieu en Bir­manie et qui donnent une vic­toire écra­sante au parti d’Aung San Suu Kyi. Pendant six années, cette der­nière est alors assignée à rési­dence dans sa maison de Rangoon. Ce qui ne l’empêchera pas d’écrire livres et dis­cours. C’est ainsi, sous sur­veillance mili­taire, qu’elle se voit attribuer le Nobel de la Paix en 1991, tandis que se pour­suivent les bri­mades et les mesures visant à la réduire au silence. Sans cesse, elle est ridi­cu­lisée et vili­pendée par la presse gou­ver­ne­mentale qui la sur­nomme « la prin­cesse de la démo­cratie ». Elle résiste face à une armée toute puis­sante. En 1992, son mari et ses deux enfants sont enfin auto­risés à la ren­contrer pour la pre­mière fois en trois ans. Durant l’été 1998, elle tente de se rendre en pro­vince pour ren­contrer des mili­tants de son parti. Sa voiture est arrêtée par des offi­ciers mili­taires. En mars 1999, son mari suc­combe à un cancer à Londres.

Aung San Suu Kyi continue de se battre pour la démo­cratie et la liberté de son pays. Ainsi dénonce-​​t-​​elle aussi le soutien accordé par le groupe pétrolier français TotalFina à la junte militaire.

En mai 2002, l’opposante birmane est fina­lement libérée de son assi­gnation à rési­dence imposée par la junte mili­taire en sep­tembre 2000. Cette année-​​là, elle totalise déjà sept ans et demi durant les­quels elle a été confinée entre les quatre murs de sa demeure pour, offi­ciel­lement, béné­ficier d’une « pro­tection ». Mais un an plus tard, Aung San Suu Kyi est à nouveau placée en état d’arrestation dans le nord du pays où elle effec­tuait une longue tournée poli­tique qui a, au fil des jours, été émaillée de plus en plus d’incidents.

Plus d’infos : www​.bir​manie​.net Aung San Suu Kyi