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Aung San Suu Kyi, leader des démocrates en Birmanie a reçu le Prix Nobel de la Paix, en 1991. Elle est détenue depuis dix ans sous ordre de la junte militaire au pouvoir dans son pays.
En juin 2005, Aung San Suu Kyi a fêté ses soixante ans alors qu’elle était toujours assignée à résidence. Tout récemment, les militaires lui ont signifié qu’ils prolongeaient ce séjour en résidence surveillée. Elle est, à ce jour, la seule lauréate du Prix Nobel de la Paix à être privée de liberté. Aung San Suu Kyi est docteur honoris causa de l’Université catholique de Louvain depuis 1998 et a été faite citoyenne d’honneur de la Ville d’Ottignies-Louvain-la-Neuve en 2005.
La Birmanie est dirigée par une des pires dictatures du monde, accusée par l’ONU de crimes contre l’humanité pour ses violations systématiques des Droits de l’Homme et condamnée internationalement pour son refus de transférer le pouvoir aux représentants légitimement élus, le parti d’Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix en 1991. Daw Aung San Suu Kyi est née le 19 juin 1945 dans la ville de Rangoon, Myanmar (anciennement Birmanie). Elle est la fille du Général Aung San et de Daw Khin Syi. Son père était le dirigeant national de la Birmanie jusqu’à son assassinat le 17 juillet 1947. Le décès de son père est un des facteurs dominants dans sa lutte pour la paix et l’indépendance du pays. Jusqu’à l’âge de 15 ans, Aung San Suu Kyi est éduquée à Rangoon. Sa mère ayant été nommée ambassadrice de Birmanie en Inde et au Népal, elle l’accompagne à Delhi où elle étudia les sciences politiques à l’Université.
De 1964 à 1967, elle continue son éducation au St. Hugh’s College et à l’Université d’Oxford dont devient bachelière en économie, politique et philosophie. Durant les années suivantes, elle travaille à l’étranger, notamment aux Nations unies à New York. Mariée en 1972, à un Anglais, boursier tibétain, le Dr. Michael Aris, Aung San Suu Kyi donna naissance en 1973 à Londres à son premier enfant, Alexander, et en 1977 à Oxford, à son deuxième enfant, Kim.
En 1988, Aung San Suu Kyi retourna vivre en Birmanie. C’est ainsi, qu’en été de cette année, des milliers de Birmans découvrent véritablement Aung San Suu Kyi, revenue depuis peu d’Angleterre. Cette femme aux allures aristocratiques prononce des mots justes et durs pour condamner la dictature militaire qui fait alors face au plus large mouvement de contestation depuis son arrivée au pouvoir en 1962. Les premières apparitions publiques d’Aung San Suu Kyi permettent le retour de l’espoir dans un pays fermé sur lui-même et qui va bientôt passer d’une dictature à une autre, au prix d’une répression sanglante. Le parti fondé par Aung San Suu Kyi, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), est influencé par la philosophie et les idées de Gandhi et de Martin Luther King.
En 1990, le régime militaire refuse de reconnaître le résultat des seules élections libres qui aient eu lieu en Birmanie et qui donnent une victoire écrasante au parti d’Aung San Suu Kyi. Pendant six années, cette dernière est alors assignée à résidence dans sa maison de Rangoon. Ce qui ne l’empêchera pas d’écrire livres et discours. C’est ainsi, sous surveillance militaire, qu’elle se voit attribuer le Nobel de la Paix en 1991, tandis que se poursuivent les brimades et les mesures visant à la réduire au silence. Sans cesse, elle est ridiculisée et vilipendée par la presse gouvernementale qui la surnomme « la princesse de la démocratie ». Elle résiste face à une armée toute puissante. En 1992, son mari et ses deux enfants sont enfin autorisés à la rencontrer pour la première fois en trois ans. Durant l’été 1998, elle tente de se rendre en province pour rencontrer des militants de son parti. Sa voiture est arrêtée par des officiers militaires. En mars 1999, son mari succombe à un cancer à Londres.
Aung San Suu Kyi continue de se battre pour la démocratie et la liberté de son pays. Ainsi dénonce-t-elle aussi le soutien accordé par le groupe pétrolier français TotalFina à la junte militaire.
En mai 2002, l’opposante birmane est finalement libérée de son assignation à résidence imposée par la junte militaire en septembre 2000. Cette année-là, elle totalise déjà sept ans et demi durant lesquels elle a été confinée entre les quatre murs de sa demeure pour, officiellement, bénéficier d’une « protection ». Mais un an plus tard, Aung San Suu Kyi est à nouveau placée en état d’arrestation dans le nord du pays où elle effectuait une longue tournée politique qui a, au fil des jours, été émaillée de plus en plus d’incidents.
Plus d’infos : www.birmanie.net Aung San Suu Kyi