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Fin août, en Birmanie, un important conflit ethnique a poussé environ 37.000 personnes à trouver refuge sur le territoire chinois. Celles-ci, fuyaient les combats entre l’armée birmane et des groupes rebelles ethniques.
Les heurts ont éclaté dans l’Etat Shan (centre-est de la Birmanie) entre le groupe rebelle des Kokang et l’armée gouvernementale, mettant fin à un cessez-le-feu vieux de 20 ans, selon l’organisation américaine Campaign for Burma (USCB).
Ce groupe des Kokangs, connus comme l’Armée de l’alliance démocratique nationale birmane se battait pour une autonomie. Il avait conclu en 1989 avec la junte birmane un accord de cessez-le-feu, qui aurait volé en éclat début août après un raid de l’armée sur une usine d’armes illégale. L’exode de la population a débuté quand la junte a commencé à déployer début août des troupes dans cette région où les ethnies chinoises sont fortement présentes.
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Des milliers de réfugiés civils ont alors gagné la province chinoise du Yunnan (sud). Puis, certains ont commencé dimanche (30 août) à regagner la Birmanie, après l’arrêt des combats, selon Chine Nouvelle, citant un responsable provincial du Yunnan.
Des rebelles Kokang, l’une des ethnies chinoises de l’Etat Shan (centre-est de la Birmanie), se sont repliés, estimant ne pas faire le poids face à l’armée birmane… Quelque 700 rebelles se sont rendus après avoir constaté qu’ils n’avaient pas les moyens de se battre contre les troupes de la junte birmane, mais ils ont averti que la situation demeurait tendue et que les affrontements pourraient reprendre à tout moment.
"L’armée birmane est venue et a commencé à tirer sur les rebelles… elle a aussi attaqué les commerces des Chinois", affirme Yao Fu, un médecin de 46 ans qui a ouvert un hôpital à Kokang il y a une dizaine d’années. "Et quand les Chinois ont fui Kokang, les Birmans ont commencé à piller les commerces et les propriétés des Chinois", ajoute-t-il. "Quand les Birmans voyaient que vous étiez Chinois, ils vous attaquaient", témoigne le médecin.
Lundi (31 août), la situation revenait à la normale après plusieurs jours de troubles, selon les autorités chinoises. Chine et Birmanie parlaient de retour au calme. Les incidents auraient fait -officiellement- une trentaine de victimes.
Les réfugiés paraissaient craintifs en début de semaine : "Ils (l’armée birmane) tiraient sur les civils, je l’ai vu de mes propres yeux. Je n’ai pas confiance dans ce qu’ils disent. Nous avons peur de rentrer", déclare Li Jun, un paysan de 24 ans, qui vit avec ses parents à Kokang. "Ils disent qu’ils ne vont plus tirer, mais je suis sûr qu’ils le feront encore", ajoute-t-il, à l’extérieur d’un camp de réfugiés installé à Nansan, dans les montagnes escarpées et luxuriantes du sud de la Chine.
Lundi toujours, les Etats-Unis ont exhorté la Birmanie à cesser de s’attaquer aux minorités ethniques, exprimant dans le même temps leur "profonde préoccupation" quant au conflit en cours qui a poussé au moins 30.000 personnes à se réfugier en Chine.
Lundi encore, un éditorial publié par le quotidien chinois Globa Times, tout en prenant soin de ne pas nommer la Birmanie, s’inquiétait des "gouvernements impopulaires" dans les pays frontaliers de la Chine. "Les pays voisins instables de la Chine posent un grand risque aux frontières. Dans certaines situations extrêmes, l’impact peut être désastreux", a jugé le journal.
La Chine est l’un des rares soutiens à la junte birmane, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies, où Pékin dispose d’un droit de veto. Leur frontière commune s’étend sur 2.200 km.
(D’après AFP)

Des réfugiés Kokang arrivent dans la ville chinoise de Nansan, dans la province du Yunnan. - Photo : Reuters
[1] Le Kokang est l’une des nombreuses minorités ethniques du nord de la Birmanie installée près de la frontière chinoise. Depuis les années 50, elle lutte pour défendre son autonomie vis-à-vis de la majorité birmane. La minorité Kokang est activement impliquée dans la culture de l’opium et la production de l’héroïne, ce qui lui permet de financer ses opérations militaires.
Dans les années 90, le Kokang, comme de nombreuses autres guérillas ethniques de Birmanie, a conclu un accord de cessez-le-feu avec la junte birmane, en échange du respect de son autonomie politique. Mais à l’approche des élections de l’an prochain, les généraux birmans veulent neutraliser militairement le Kokang et les autres guérillas ethniques pour en faire des unités frontalières sous l’égide du commandement central birman.
Un projet auquel résiste le Kokang qui craint de perdre son autonomie. D’où la volonté de l’armée birmane de mettre au pas cette minorité ethnique récalcitrante. La tâche n’est pas gagnée d’avance pour la junte birmane, car les autres guérillas ethniques craignent aussi les desseins du gouvernement central et commencent à prêter main-forte au Kokang.